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jeannefadosi

Jeux de société (1)

8 Novembre 2017, 19:00pm

Publié par Jeanne Fadosi

Je voulais en faire une photo de la semaine pour 24 heures photo assortie d'un billet d'humeur et l'ai photographié pour cela. Je profite de l'occasion qui m'est donné Entre ombre et lumière d'évoquer des jeux de société.

Pour l'égalité entre hommes et femmes il y a encore bien du travail d'éducation auprès des futurs hommes et des futures femmes .!.!.!

Jeux de société (1)

Qu'il y ait des jeux physiques calibrés en fonction de la morphologie des enfants, soit, mais il me semblait que les thèses pseudo-scientifiques sur le sexe du cerveau étaient abandonnées depuis quelques dizaines d'années. Alors pourquoi un quiz de filles (avec en prime sur une des faces du cube le nom écrit en rose) et un quiz de garçons (au nom écrit en bleu bien soutenu) ?

«Nous n'enseignerons plus que "le masculin l'emporte sur le féminin"»

Manifeste de 314 enseignants de français tous niveaux et tous publics

Parce que l'éducation à l'égalité entre filles et garçons et entre femmes et hommes passe entre autre par la suppression de cette petite phrase qui s'enkyste dans la tête des écoliers dès le cours élémentaire et, en France, depuis l'école obligatoire des lois dites de Jules Ferry (1881-82).

Les académiciens avaient fixé cette règle dans les années qui ont suivi leur installation par Richelieu en 1634-1635 et la justifiaient politiquement :

«Parce que le genre masculin est le plus noble, il prévaut seul contre deux ou plusieurs féminins, quoiqu’ils soient plus proches de leur adjectif.» (Scipion Dupleix, Liberté de la langue françoise dans sa pureté, 1651)

idem manifeste de 314 enseignants de français pour le retour à la règle de proximité

Plus d'un siècle plus tard il fallait enfoncer le clou de façon encore plus explicite et ... sans grand succès sur l'usage de la langue française :

«Le masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle» (Beauzée, Grammaire générale… 1767).

idem

«On peut aller sur le lac [d’Évian], en bateaux à vapeur ou petits-bateaux, et visiter les coteaux et montagnes voisines, à pied ou en voiture» (Dr Linarix, Guide pratique de la Savoie et Haute-Savoie médicale et pittoresque, 1896).

idem

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Josette 09/11/2017 10:23

Pour parler de la pluie est ce féminin ? devrait-on dire elle pleut et non il pleut
je pense qu'il y a des combats plus utiles que le commerce des livres à réécrire...
UNE tempête dans Un verre d'eau
ne tombons pas dans le "pédagofou" qui impose Un élément rebondissant pour remplacer Un ballon ou Un instrument scripteur pour Le crayon...
ce terrorisme intellectuel doit aussi être combattu sans passer pour passéiste, Une évolution vaut mieux qu'Une révolution

Jeanne Fadosi 09/11/2017 11:48

Merci Josette de ta réflexion. Tu dénonces une tempête dans un verre d'eau.
Bien sûr que non, on ne va pas écrire ou dire elle pleut : il pleut, c'est il pleut On ne dit pas la pluie pleut. Mais imagine des générations et des générations de filles et de garçons à qui on rabâche "le masculin l'emporte sur le féminin". Quand on remet en outre cette phrase dans le discours d'époque du grammairien du jeune Louis XIV qui a poussé les académiciens à la figer dans le marbre, cela change tout. La règle de proximité est encore appliquée par la majorité des scripteurs et des journaux à la fin du XIXe siècle.
Cette petite phrase, bien plus encore que la règle qu'elle désigne, n'a rien d'anodin et de passéiste et n'a rien à voir avec les jargons que tu évoques et que les enseignants eux-même dénoncent.
Quant à ton expression, attention à ne pas banaliser les mots d'une réalité autrement tragique que les survivants d'attentats revivent à chaque événement traumatique.
Mais je te remercie de t'exprimer. Je ne crois pas non plus qu'il faille compliquer et d'autres propositions me semblent douteuses.
Quant au jargon des programmes de la dernière réforme, je suis bien d'accord avec toi.

Quichottine 09/11/2017 07:56

Il y a des progrès à faire, c'est certain... partout !
Merci de le rappeler.
On pourrait aussi parler du fait que pendant longtemps les femmes ont été considérées par l’Église comme des êtres sans âme... que c'est seulement grâce à Charles de Gaulle que nous avons le droit de voter et qu'il n'y a pas si longtemps, une femme avait besoin de l'autorisation de son mari pour ouvrir un compte en banque. :(
Bises et douce journée.

Jeanne Fadosi 09/11/2017 09:56

tu as raison pour le droit de vote et le compte en banque, parties visibles du statut des femmes qui étaient aux yeux de la loi française des mineures sous l'autorité de leur mari ou leur père pour les célibataires ou du conseil de famille quand elles étaient veuves ou que leurs mères étaient veuves. Pour ta première remarque concernant l'âme des femmes, je m'étonne car il n'y aurait pas pu y avoir de culte à la vierge Marie ni de congrégations religieuses de femmes alors. Ni même de chasses aux sorcières lesquelles étaient supposées avoir leur âme captée par le diable.
Il n'en est pas de même des peuples indigènes des Amériques, femmes et hommes confondus, comme nous le montre la controverse de Valladolid.
bises et belle journée.

jill bill 08/11/2017 22:20

Sourire... comme tu dis Jeanne, côté jeux, côté jouets restera le rayon garçon et fille, nous offrons à la saint Nicolas en rapport avec le sexe et l'âge de nos petits-enfants, comme hier avec les nôtres... ;-)

nathie 01300 08/11/2017 20:48

On n'en a pas encore fini !
Bises et merci pour ce petit billet d'humeur.